Sous la zone d’écriture, un contrôle porte le niveau de confidentialité du message que tu t’apprêtes à envoyer. Six crans, de Non confidentiel à Hautement confidentiel. Le point de départ est Confidentialité standard, parce qu’un message de consultant touche un dossier client jusqu’à preuve du contraire.

La question à laquelle le niveau répond

Ce n’est pas « à quel point ces données sont sensibles ». C’est plus précis :

Quel préjudice ce texte causerait-il s’il était lu par un tiers, une fois tes données masquées?

La différence compte, parce que le masquage est identique à tous les niveaux. Il ne se règle pas, ne s’affaiblit pas et ne se contourne pas. Ce que tu déclares, c’est ce qui reste sur la table après que le masquage a fait son travail.

Un exemple. Tu écris :

Sylvain Beaudry, congédié le 14 avril par Groupe Fontaine inc. après onze ans comme directeur des ventes.

Ce qui part vers le modèle :

PERSON_001, congédié le 14 avril par ORG_001 après onze ans comme directeur des ventes.

Plus un seul nom. Et pourtant, qui connaît le dossier reconnaît immédiatement de qui il s’agit. C’est ça que le niveau mesure.

Les six crans

0 — Non confidentiel

Rien qui touche une personne ou un client. Une question générale, un gabarit, de la veille. Le message serait publiable tel quel.

Exemples : « quelles sont les étapes d’un grief », « rédige un gabarit de mise en demeure ».

Le piège : un exemple « inventé » qui décalque un dossier réel n’est pas au niveau 0. Si quelqu’un qui connaît le dossier le reconnaît, tu es au moins au niveau 3.

1 — Peu confidentiel

De l’information d’affaires de ton cabinet, non publique, sans personne identifiable : tes méthodes, tes gabarits, tes positions générales.

2 — Modérément confidentiel

Des renseignements personnels que le masquage retire au complet. Après masquage, il ne reste qu’un contexte d’affaires que personne ne pourrait rattacher à quelqu’un.

Exemple : « PERSON_001 chez ORG_001 demande un délai de paiement de trente jours sur AMOUNT_001. »

3 — Confidentialité standard

Le point de départ. Un dossier client identifié, dont le contexte reste parlant même masqué : un litige, une transaction, un mandat, une chronologie.

C’est le cran de l’exemple plus haut, et c’est celui de la majorité de ton travail. À ce niveau, relis la charge utile avant d’envoyer : c’est la mesure qui rend l’envoi défendable, et l’app te la met à un clic (voir Vérifier ce qui part sur le réseau).

4 — Très confidentiel

Deux portes d’entrée, et une seule suffit.

  • Un renseignement sensible : santé, dossier judiciaire ou pénal, biométrie, origine, convictions, orientation, situation financière détaillée. Ou le secret professionnel explicitement en jeu.
  • Une réponse qui servira à décider du sort d’une personne : embauche, congédiement, promotion, accès au crédit, à un logement, à un service essentiel, ou une matière judiciaire.

À ce niveau, l’app intervient. Si le fournisseur que tu as choisi est un de ceux dont tous les engagements n’ont pas pu être vérifiés, l’envoi s’arrête et te le dit. Tu peux choisir un fournisseur direct, prendre le modèle local, ou confirmer l’envoi en connaissance de cause : ta décision est consignée.

5 — Hautement confidentiel

Le cran où le masquage ne suffit plus. Trois cas :

  1. La réidentification par le contexte seul est probable. Une personne unique dans un petit milieu reste identifiable sans son nom : « le seul cardiologue pédiatrique de la région », « la directrice financière congédiée en avril dans une coopérative de 40 employés ».
  2. Une ordonnance le commande : confidentialité, mise sous scellés, huis clos, engagement de non-divulgation.
  3. Le préjudice prévisible est grave : sécurité d’une personne, violence conjugale, dénonciation, données d’un mineur en contexte de protection.

À ce niveau, le message ne quitte pas ton poste. Seul le modèle local le traite. Ce n’est pas un avertissement que tu peux écarter : pour envoyer ailleurs, tu dois baisser le niveau, et c’est un geste délibéré.

Ce que le niveau ne fait pas

  • Il ne change pas le masquage. Tes entités sont pseudonymisées de la même façon aux six crans.
  • Il ne dispense de rien. Même au niveau 0, ton cabinet reste tenu à sa politique de gouvernance, à son registre d’incidents et à sa responsabilité sur ce qu’il confie à un tiers.
  • Il ne décide pas à ta place. Aux niveaux 4 et 5, l’app t’arrête et te dit pourquoi. Le jugement sur ton dossier t’appartient.

Ce qui en est consigné

Chaque envoi écrit dans ton journal d’audit le niveau déclaré, le modèle visé et ce que la règle a décidé. Le numéro et la catégorie seulement, jamais un mot de ton message. C’est une trace de ta diligence, et elle est écrite avant l’envoi, pas après.

Ensuite